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Hoi An et le train

février 19, 2013

oiseau-train

 

Ça y est je suis partie. Dans le train qui n’a pas démarré encore ! De la musique d’ambiance insupportable et des recommandations. Quelques précisions historiques aussi. Des touristes anglophones et francophones.

Des chariots de riz chaud et du maïs bouilli qui fume.

train1

J’ai fermé les yeux

Ouverts

Il faisait jour

J’étais dans les montagnes

Brumeuses grises

Le jour se lève

La nature est merveilleuse

Des tombes tombées colorées dans du vert.

Des églises au toit de tuiles par-ci par-là. Comme perdues.

danang1

Je ne saurai pas décrire comme la petite famille derrière moi

Trois

Est touchante, endormie

Petite au milieu

Les yeux fermés.

terasse

On n’a pas le choix, la télé braille en noir et blanc.

Malheureusement je crois qu’il pleut. Et mon oiseau s’est endormi.

barque2

Et quand j’ai senti une odeur de repas de rue j’ai cherché : j’ai vu une femme manger du banh chung, soigneusement enveloppé dans ses feuilles de bananier et dans du papier journal.

 

nuit1

Parfois le train s’arrête nulle part. Et papa berce son tout petit bébé.

Da Nang ?

cocotier

Avant de partir je m’étais dit que je ferai plein de choses dans le train. Mais en réalité, plus fort que l’ennui il y a le sommeil, les wagons qui me bercent, et il me faut bien du courage pour sortir de mon sac papier crayon.

oiseau-plage

Mais je suis heureuse ici de n’avoir pas eu les yeux fermés. J’ai vu l’océan se rompre sur les rochers dans le ciel gris, j’ai vu les wagons colorés de mon train courir sur les falaises.

oiseau-chaussure

 

Je pars à la mer, le dos au soleil. Brûlant. Je mange des mentos achetés plus tôt à une vieille dame. J’ai tout prévu : j’ai oublié l’anti-moustique et la crème solaire, je suis à peine épilée. Mon maillot de bain est en France et j’ai un pansement au pied parce que je me suis cognée contre un parasol. A part ça je suis assise face à l’île que j’aurais pu visiter, sur le sable, entre deux « mini-resort » qui polluent la plage. A part le bruit des vagues c’est très calme et il y a peu de monde. Le monde est ailleurs. Dans ma tête, je pointe du doigt la carte du monde dans la cuisine derrière la radio où maman écoute France Inter tous les matins et tous les midis. Je pointe du doigt. Je suis là. Et je vais aller m’y tremper les pieds. Tant pis pour le pansement.

 

 

rizière

 

Je viens de voir une demande en mariage, une vraie, l’homme tombé aux genoux de sa future épouse sur la plage.

touriste-my-son

J’aime le train pour écrire en direct. Je suis chaleureusement accueillie par ce qui ressemble à deux vieux copains un peu saouls qui me souhaitent « bonne année » en anglais. Coté fenêtre le paysage est magnifique. L’océan. Ça ne sent pas très bon, ça vient de ma tablette en bois, avec des épluchures d’on ne sait quoi du vieux type en face.

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J’ignore combien de temps je vais devoir supporter ce vieux morceau de poisson séché sous le nez.

my-son3NB

J’ai vu papa porter son petit bébé qui a la varicelle.

J’ai vu l’homme se raser avec un rasoir Bic jaune.

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15h30, je me dis « Ouf ! » plus que 13 heures de train…!

my-son1

Dans le wagon là c’est insupportable, deux musiques vietnamiennes venues de nulle part se mélangent.

Dans le wagon une fille a glissé un tapis sous les bancs pour s’allonger entièrement.

chemin

16h. Goûter. Petits gâteaux au chocolat et thé avec l’eau chaude mise à disposition entre les wagons. Mais le tamarin confit que je viens de manger m’ôte un peu le goût de tout !

nuit3

C’est le grand luxe quand j’y pense, avoir trop chaud, un banc pour moi toute seule, une femme qui s’inquiète si je veux manger du riz. J’ai juste un peu mal au ventre à force d’être assise. Il est 18h, Dong Hoi, c’est l’heure de manger. L’homme au bonnet épluche un concombre, d’autres vont aller ajouter de l’eau bouillante dans les pâtes instantanées qu’ils viennent d’acheter sur le quai.

nuit2

 

Viens l’heure où les fenêtres du train n’offrent plus rien. Mais chacun allongé sur son banc, regarde l’écran de « Rail TV » ou dort. Et je bois du thé refroidit entre deux bouts de lecture de « la dame aux camélias ».

salle-d'attente

20h30 Le voyage commence à être un peu long, je suis dans le train depuis 9h 30 seulement… ! La télé divertit mais je ne comprends pas. J’ai fini la Dame aux Camélias acheté 30 000 dongs dans un bookshop de Hoi An. J’entends derrière moi une femme rire aux éclats.  Et je ne suis pas fatiguée encore. En même temps, il n’est que 20h. Je vais continuer alors, à dessiner des cartes à jouer derrière mes cartes de visite inutiles.

 

 

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22h, l’heure des brumes. Après quelques frayeurs, non, je ne partagerai pas mon banc.

22h, l’heure des brumes. Le paysage est là, bruyant, lumineux, avenir et souvenir mais tout passe vite en nous empêchant de dormir. Comme une nuit blanche, sans la fête.

vue-océan

(J’ai finalement dû partager mon banc de bois avec un père de famille. C’était la fin des vacances du Têt et, nombreux étaient les Vietnamiens qui rentraient à Hanoi. Au point même qu’on installait des chaises en plastique dans les allées pour asseoir les derniers passagers. J’ai fini par m’endormir. Et je suis arrivé à Hanoi vers 5h du matin, après 18h de train)

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One Comment
  1. Chancerelle permalink

    Trop romantique le cygne j’adore, Un charlie moderne au pays de Roméo et Juliette ^^

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